La Chapelle des Pénitents Blancs décorée par Folon

Visiter cette chapelle, c’est découvrir le travail admirable conçu par Jean-Michel Folon. C’est aussi une invitation à mieux connaître cet artiste qui a tissé des liens avec Saint-Paul pendant plus de trente ans. Les rapports étroits que Folon a entretenus avec les artisans, sa conception du vitrail et de la sculpture, sa fascination pour la lumière, sont autant de clés qui permettent de décrypter son univers et sa conception de l’art. Le décor de la chapelle des Pénitents Blancs constitue la dernière réalisation de Jean-Michel Folon, disparu en 2005 mais aussi la dernière chapelle d’artistes du sud méditerranéen.

C’était le 1er juillet 1998… Pour la première fois nous avons parlé avec Jean-Michel Folon de la décoration d’une chapelle à Saint-Paul.
Il souhaitait créer une oeuvre qu’il offrirait à la commune où il possédait tant d’attaches : La galerie Pieters et les amis Guy et Linda, la Colombe d’or et la famille Roux…

La chapelle des Pénitents blancs parut alors comme une évidence : Appartenant à la commune depuis 1905, cette chapelle toujours consacrée a tenu un rôle important dans l’histoire du village, tout particulièrement au moment de la Révolution et pendant plusieurs siècles lorsqu’elle accueillait la Confrérie caritative des Pénitents blancs. L’ouvrir à l’art contemporain, c’était ajouter une nouvelle page à sa déjà longue histoire…

Lorsqu’il entra dans la chapelle, ce fut pour Folon un choc et un émerveillement, le bâtiment était pourtant en bien mauvais état. Découvrant les murs, les ouvertures, l’architecture de l’édifice… il disait ressentir une douce sérénité l’envahir. Pour lui, le thème de la décoration s’imposait : ce serait « Le Don » en souvenir des Pénitents pendant longtemps au service de la population Saint-pauloise.

Jean-Michel revenait régulièrement dans la chapelle. Tantôt muet couvrant d’esquisses et de croquis feuilles après feuilles, tantôt volubile, racontant l’oeuvre qui se structurait dans sa tête : les couleurs seraient claires, les vitraux transparents, il y aurait des oiseaux, un arc en ciel, des mains tendues, un coeur, en harmonie avec le thème « don et amour »… Un matin, il avouait : Je n’ai pas dormi, j’étais dans la chapelle, j’ai pensé au sol : il sera en galets blancs ; un oiseau s’échappera d’une des peintures, on le retrouvera au milieu du vitrail… tu verras comme ce sera beau !

Pendant que l’artiste mûrissait son projet, le Père Guy Largillère curé de la paroisse Saint Matthieu était averti ainsi que l’évêché. Le prêtre rencontra Folon et l’église donna son accord à cette réalisation.

Le 7 juillet 2003, au cours d’une réunion du Conseil municipal, l’artiste, en présence du Père Largillière, présenta son projet pratiquement finalisé comme en témoignaient les grandes aquarelles qu’il montra alors a l’assemblée communale. L’accord de principe fut donné, la réalisation pratique allait commencer.

Auparavant, le Conseil avait prévu de restaurer la chapelle , en très mauvais état (tout était à refaire : toit, électricité, chauffage, enduits…). Ces travaux prirent plusieurs années. Ils se sont terminés au milieu de l’année 2006. Mais entre temps, Jean-Michel nous avait quitté le 20 octobre 2005 ; il ne verrait pas l’aboutissement de ce qui lui tenait tant à coeur.

Que fallait-il faire?

La décision fut prise par le Conseil municipal le 17 décembre 2006, avec l’accord de Paola Folon. Le projet serait réalisé en respectant scrupuleusement les cartons créés par l’artiste. les artisans qui avaient déjà travaillé avec lui firent chargés de l’exécution (les Ateliers Loire de Chartres pour les vitraux, le peintre Michel Lefèvre de Monaco pour les grandes peintures, Franco Cervetti de Pietracenta pour la sculpture  » La Source ». L’exécution de la mosaïque fut confiée aux 6 artisans de l’équipe milanaise de Mattéo Berté.

L’oeuvre que l’on peut désormais admirer est celle que Folon a voulue.

La chapelle Folon : couronnement artistique de la carrière de Jean-Michel Folon
par Michel Lefèbvre

C’est dans le courant de l’année 2003 que Jean-Michel Folon a obtenu la confirmation du Conseil municipal de Saint-Paul de lui confier l’aménagement artistique de la chapelle des Pénitents Blancs.

Quelques semaines plus tard, il me convia, avec son enthousiasme légendaire, à le rencontrer, séance tenante, dans son merveilleux atelier dominant le port de Monaco, afin de me présenter les toutes premières esquisses du projet pictural monumental qu’il envisageait de réaliser sur les murs de la chapelle.

Jean-Michel et moi nous connaissions depuis une quarantaine d’années et nous étions perdu de vue dans les années 70 pour renouer une sincère amitié peu après mon installation en temps que restaurateur de tableaux a Monaco en 1985.

Une part de mes activités de restaurateur à laquelle je tiens particulièrement consiste à pratiquer ce que je définis comme : « la restauration préventive », qui consiste à collaborer avec les artistes vivant contemporains et à les assister dans les domaines que sont : la recherche des matériaux, leur mode d’emploi ou d’application, leur fiabilité dans le temps, mais également d’assister l’artiste créateur à mettre en place une infrastructure en hommes et en matériels d’élite susceptible d’assister l’artiste créateur dans la réalisation de son oeuvre monumentale dans les meilleurs conditions.
J’avais déjà appliqué ce type de collaboration avec des peintres renommés tel que Paul Delvaux pour lequel j’ai préparé tous ses supports depuis 1970 jusqu’à sa disparition. Jean-Michel était un artiste extrêmement préoccupé par la pérennité de son oeuvre, il était soucieux de la bonne conservation de son ouvrage et ceci quel que soit le support ou la technique choisie, il devait se disposer toujours des meilleurs matériaux, le meilleur papier, les meilleurs pinceaux, les plus prestigieuses marque d’aquarelle…

C’est donc, tout naturellement, qu’il ma confié la tâche de collaborer intimement avec lui à la mise en oeuvre de ce projet qu’il considérait comme celui qui couronnerait le sommet de sa carrière artistique.
notre choix s’est porté sur les matériaux les plus performants sur le marché actuel : les Châssis auto tendeurs suisses de Staro, les couleurs à l’huile Blockx, la toile de lin de la firme Claessens…

Nous nous sommes assuré la collaboration d’un artiste florentin de grand talent en la personne de Mario Sileci, diplômé de l’académie de Florence et spécialisé en copie de tableaux.
Le décès inopiné de Jean-Michel nous a tous profondément attristé ; la poursuite de l’ouvrage engagé sans sa présence physique s’est à peine posé tant nous disposions, au moment de cette tragédie, d’un important matériel graphique et du compte rendu de longues conversations sur le sujet.

Il était évident que la poursuite de l’aventure de la chapelle Folon et l’aboutissement de son oeuvre ultime est le plus bel hommage qu’il nous ait été donné de lui offrir.
Je sais que tu es fier de nous, Jean-Michel, sache que le simple fait d’avoir fait partie de tes amis fut pour nous un cadeau du ciel.

La mosaïque de Folon à Saint-Paul de Vence
par Mattéo Bertè

A Giacinta, Antonio, Cecilia, Chiara, Flavio e Matteo

Au moment même où j’ai vu pour la première fois l’ébauche de Folon, j’ai compris qu’une seule technique était en mesure de vivifier, dans la réalisation agrandie de l’oeuvre, les coups de lumière et les couleurs qui font l’esthétique et la poésie de sa peinture : la technique ravennate.

Tous les menbres de l’équipe qui a accompli le projet ont été formés dans l’atelier de Renato Signorini, le mosaïste des peintres, qui a repris et deveoppé cette technique, la seule capable de faire « chanter » la matière.
En effet, grace aux surfaces inégales des tesselles, l’émail et l’or réfractent la lumière, en brisent le spectre, multiplient, selon les différents points d’observation, la vision et la comprehension des couleurs et des nuances.

Toujours quand mon regard se pose sur la mosaïque de la Chapelle des Pénitents Blancs, j’éprouve une émotion très profonde. Dans le lointain, on ne voit que Folon : sa vision du village de Saint-Paul. De plus près, je reconnais notre travail, nos tesselles, le nombre infini de petites pièces de pate de verre coupées à la main, fixées sur les panneaux assemblées dans l’atelier de Milan et ensuite transferés à Saint-Paul, où ils couvrent les parois et la voute de la Chapelle pour devenir Folon, sa vision.

Et je pense : quelle expérience unique, ce voyage le long d’un an entier.

Dans ce voyage, Paola Folon nous a accompagné, nous a aidé et encouragé. Elle nous a enfin donné un instant d’inoubliable bonheur : dans notre travail elle n’a reconnu que l’oeuvre de Folon.
Un travail merveilleux, très du, intense, pendant lequel nous avons vécu les tension et les inquiétudes de l’artiste, en étant ses interprètes.

Et maintenant il est là : Folon, rien que Folon, à jamais. Mais, au-dedans, nous tous sommes là. Nous aussi.

Lors de sa première visite dans notre atelier en 1991 pour la création de vitraux de la Chapelle du domaine des Trois monts, Jean-Michel Folon a été enthousiasmé par la large gamme de couleurs des verres antiques aux transparences riches et variées. Il a tout de suite choisi la technique traditionnelle du verre de couleur serti de plomb pour la réalisation de ses vitraux. Il a écarté les propositions de dégradés de couleurs sur de grandes feuilles de verre (attaque à l’acide de verre plaqué, pulvérisation d’émaux au pistolet) ne cherchant pas a faire une aquarelle transparente mais voulant faire un vitrail avec un réseau de plomb.

Depuis cette première collaboration, cinq autres projets ont vu le jour en France et à l’étranger et l’artiste était devenu un ami.

Pour la Chapelle des Pénitents Blancs, Jean-Michel nous avait parlé à plusieurs reprises de ce projet qui lui tenait à coeur et de son souhait de vitraux très clairs.
C’est donc dans cette logique et avec la longue habitude de travail avec Folon que nous avons réalisé, avec beaucoup d’émotions, ses derniers vitraux d’après ses maquettes originales.
Chaque réalisation avec lui était un plaisir pour toute l’équipe de l’atelier Loire.

Nous nous souviendrons de son sourire, de son émerveillement toujours renouvelé lorsqu’il visionnait pour la première fois à la verrière de l’atelier son « oeuvre vitrail ».

+ Le projet

C’était le 1er juillet 1998… Pour la première fois nous avons parlé avec Jean-Michel Folon de la décoration d’une chapelle à Saint-Paul.
Il souhaitait créer une oeuvre qu’il offrirait à la commune où il possédait tant d’attaches : La galerie Pieters et les amis Guy et Linda, la Colombe d’or et la famille Roux…

La chapelle des Pénitents blancs parut alors comme une évidence : Appartenant à la commune depuis 1905, cette chapelle toujours consacrée a tenu un rôle important dans l’histoire du village, tout particulièrement au moment de la Révolution et pendant plusieurs siècles lorsqu’elle accueillait la Confrérie caritative des Pénitents blancs. L’ouvrir à l’art contemporain, c’était ajouter une nouvelle page à sa déjà longue histoire…

Lorsqu’il entra dans la chapelle, ce fut pour Folon un choc et un émerveillement, le bâtiment était pourtant en bien mauvais état. Découvrant les murs, les ouvertures, l’architecture de l’édifice… il disait ressentir une douce sérénité l’envahir. Pour lui, le thème de la décoration s’imposait : ce serait « Le Don » en souvenir des Pénitents pendant longtemps au service de la population Saint-pauloise.

Jean-Michel revenait régulièrement dans la chapelle. Tantôt muet couvrant d’esquisses et de croquis feuilles après feuilles, tantôt volubile, racontant l’oeuvre qui se structurait dans sa tête : les couleurs seraient claires, les vitraux transparents, il y aurait des oiseaux, un arc en ciel, des mains tendues, un coeur, en harmonie avec le thème « don et amour »… Un matin, il avouait : Je n’ai pas dormi, j’étais dans la chapelle, j’ai pensé au sol : il sera en galets blancs ; un oiseau s’échappera d’une des peintures, on le retrouvera au milieu du vitrail… tu verras comme ce sera beau !

Pendant que l’artiste mûrissait son projet, le Père Guy Largillère curé de la paroisse Saint Matthieu était averti ainsi que l’évêché. Le prêtre rencontra Folon et l’église donna son accord à cette réalisation.

Le 7 juillet 2003, au cours d’une réunion du Conseil municipal, l’artiste, en présence du Père Largillière, présenta son projet pratiquement finalisé comme en témoignaient les grandes aquarelles qu’il montra alors a l’assemblée communale. L’accord de principe fut donné, la réalisation pratique allait commencer.

Auparavant, le Conseil avait prévu de restaurer la chapelle , en très mauvais état (tout était à refaire : toit, électricité, chauffage, enduits…). Ces travaux prirent plusieurs années. Ils se sont terminés au milieu de l’année 2006. Mais entre temps, Jean-Michel nous avait quitté le 20 octobre 2005 ; il ne verrait pas l’aboutissement de ce qui lui tenait tant à coeur.

Que fallait-il faire?

La décision fut prise par le Conseil municipal le 17 décembre 2006, avec l’accord de Paola Folon. Le projet serait réalisé en respectant scrupuleusement les cartons créés par l’artiste. les artisans qui avaient déjà travaillé avec lui firent chargés de l’exécution (les Ateliers Loire de Chartres pour les vitraux, le peintre Michel Lefèvre de Monaco pour les grandes peintures, Franco Cervetti de Pietracenta pour la sculpture  » La Source ». L’exécution de la mosaïque fut confiée aux 6 artisans de l’équipe milanaise de Mattéo Berté.

L’oeuvre que l’on peut désormais admirer est celle que Folon a voulue.

+ L'oeuvre

La chapelle Folon : couronnement artistique de la carrière de Jean-Michel Folon
par Michel Lefèbvre

C’est dans le courant de l’année 2003 que Jean-Michel Folon a obtenu la confirmation du Conseil municipal de Saint-Paul de lui confier l’aménagement artistique de la chapelle des Pénitents Blancs.

Quelques semaines plus tard, il me convia, avec son enthousiasme légendaire, à le rencontrer, séance tenante, dans son merveilleux atelier dominant le port de Monaco, afin de me présenter les toutes premières esquisses du projet pictural monumental qu’il envisageait de réaliser sur les murs de la chapelle.

Jean-Michel et moi nous connaissions depuis une quarantaine d’années et nous étions perdu de vue dans les années 70 pour renouer une sincère amitié peu après mon installation en temps que restaurateur de tableaux a Monaco en 1985.

Une part de mes activités de restaurateur à laquelle je tiens particulièrement consiste à pratiquer ce que je définis comme : « la restauration préventive », qui consiste à collaborer avec les artistes vivant contemporains et à les assister dans les domaines que sont : la recherche des matériaux, leur mode d’emploi ou d’application, leur fiabilité dans le temps, mais également d’assister l’artiste créateur à mettre en place une infrastructure en hommes et en matériels d’élite susceptible d’assister l’artiste créateur dans la réalisation de son oeuvre monumentale dans les meilleurs conditions.
J’avais déjà appliqué ce type de collaboration avec des peintres renommés tel que Paul Delvaux pour lequel j’ai préparé tous ses supports depuis 1970 jusqu’à sa disparition. Jean-Michel était un artiste extrêmement préoccupé par la pérennité de son oeuvre, il était soucieux de la bonne conservation de son ouvrage et ceci quel que soit le support ou la technique choisie, il devait se disposer toujours des meilleurs matériaux, le meilleur papier, les meilleurs pinceaux, les plus prestigieuses marque d’aquarelle…

C’est donc, tout naturellement, qu’il ma confié la tâche de collaborer intimement avec lui à la mise en oeuvre de ce projet qu’il considérait comme celui qui couronnerait le sommet de sa carrière artistique.
notre choix s’est porté sur les matériaux les plus performants sur le marché actuel : les Châssis auto tendeurs suisses de Staro, les couleurs à l’huile Blockx, la toile de lin de la firme Claessens…

Nous nous sommes assuré la collaboration d’un artiste florentin de grand talent en la personne de Mario Sileci, diplômé de l’académie de Florence et spécialisé en copie de tableaux.
Le décès inopiné de Jean-Michel nous a tous profondément attristé ; la poursuite de l’ouvrage engagé sans sa présence physique s’est à peine posé tant nous disposions, au moment de cette tragédie, d’un important matériel graphique et du compte rendu de longues conversations sur le sujet.

Il était évident que la poursuite de l’aventure de la chapelle Folon et l’aboutissement de son oeuvre ultime est le plus bel hommage qu’il nous ait été donné de lui offrir.
Je sais que tu es fier de nous, Jean-Michel, sache que le simple fait d’avoir fait partie de tes amis fut pour nous un cadeau du ciel.

+ La mosaïque

La mosaïque de Folon à Saint-Paul de Vence
par Mattéo Bertè

A Giacinta, Antonio, Cecilia, Chiara, Flavio e Matteo

Au moment même où j’ai vu pour la première fois l’ébauche de Folon, j’ai compris qu’une seule technique était en mesure de vivifier, dans la réalisation agrandie de l’oeuvre, les coups de lumière et les couleurs qui font l’esthétique et la poésie de sa peinture : la technique ravennate.

Tous les menbres de l’équipe qui a accompli le projet ont été formés dans l’atelier de Renato Signorini, le mosaïste des peintres, qui a repris et deveoppé cette technique, la seule capable de faire « chanter » la matière.
En effet, grace aux surfaces inégales des tesselles, l’émail et l’or réfractent la lumière, en brisent le spectre, multiplient, selon les différents points d’observation, la vision et la comprehension des couleurs et des nuances.

Toujours quand mon regard se pose sur la mosaïque de la Chapelle des Pénitents Blancs, j’éprouve une émotion très profonde. Dans le lointain, on ne voit que Folon : sa vision du village de Saint-Paul. De plus près, je reconnais notre travail, nos tesselles, le nombre infini de petites pièces de pate de verre coupées à la main, fixées sur les panneaux assemblées dans l’atelier de Milan et ensuite transferés à Saint-Paul, où ils couvrent les parois et la voute de la Chapelle pour devenir Folon, sa vision.

Et je pense : quelle expérience unique, ce voyage le long d’un an entier.

Dans ce voyage, Paola Folon nous a accompagné, nous a aidé et encouragé. Elle nous a enfin donné un instant d’inoubliable bonheur : dans notre travail elle n’a reconnu que l’oeuvre de Folon.
Un travail merveilleux, très du, intense, pendant lequel nous avons vécu les tension et les inquiétudes de l’artiste, en étant ses interprètes.

Et maintenant il est là : Folon, rien que Folon, à jamais. Mais, au-dedans, nous tous sommes là. Nous aussi.

+ Les vitraux

Lors de sa première visite dans notre atelier en 1991 pour la création de vitraux de la Chapelle du domaine des Trois monts, Jean-Michel Folon a été enthousiasmé par la large gamme de couleurs des verres antiques aux transparences riches et variées. Il a tout de suite choisi la technique traditionnelle du verre de couleur serti de plomb pour la réalisation de ses vitraux. Il a écarté les propositions de dégradés de couleurs sur de grandes feuilles de verre (attaque à l’acide de verre plaqué, pulvérisation d’émaux au pistolet) ne cherchant pas a faire une aquarelle transparente mais voulant faire un vitrail avec un réseau de plomb.

Depuis cette première collaboration, cinq autres projets ont vu le jour en France et à l’étranger et l’artiste était devenu un ami.

Pour la Chapelle des Pénitents Blancs, Jean-Michel nous avait parlé à plusieurs reprises de ce projet qui lui tenait à coeur et de son souhait de vitraux très clairs.
C’est donc dans cette logique et avec la longue habitude de travail avec Folon que nous avons réalisé, avec beaucoup d’émotions, ses derniers vitraux d’après ses maquettes originales.
Chaque réalisation avec lui était un plaisir pour toute l’équipe de l’atelier Loire.

Nous nous souviendrons de son sourire, de son émerveillement toujours renouvelé lorsqu’il visionnait pour la première fois à la verrière de l’atelier son « oeuvre vitrail ».